L’approche de Palo Alto ne cherche pas à désigner qui a tort. Elle observe comment les réactions de chacun entretiennent celles de l’autre : plus l’un se protège en écrivant, plus l’autre se méfie ; plus l’autre se méfie, plus le premier se protège. Toute personne prise dans une situation conserve donc une prise réelle sur elle, non sur le comportement de l’autre, mais sur le sien.
Ce changement n’est pas synonyme d’adaptation ou de conciliation. Il dépend entièrement de ce que la personne a déjà tenté sans succès. Celle qui a multiplié les explications gagnera parfois à cesser de se justifier ; celle qui a tout encaissé en silence aura intérêt à confronter, ou à signaler ; celle qui endure depuis deux ans sans rien dire peut décider de saisir la personne de confiance ou de partir. Le levier pertinent est simplement différent de celui qui a déjà échoué, et il est parfois le plus ferme des deux.
C’est en cela que l’approche restitue du pouvoir d’agir plutôt qu’elle ne culpabilise : elle ne dit à personne qu’elle a une part dans ce qu’elle subit, elle lui indique où subsiste sa marge de manœuvre. Cette marge ne dispense jamais l’entreprise de son obligation de protection, ni ne remplace l’enquête interne lorsque les faits doivent être établis.
L’établissement des faits relève de l’enquête interne, non de la médiation : celle-ci ne poursuit pas cet objectif, elle ne juge pas et ne qualifie rien.